Envie de faire un trek au Kirghizistan ?
Dans cet article, on vous emmène avec nous pour 5 jours de marche au cœur des montagnes kirghizes, entre steppes, cols d’altitude, nuits en tente et rencontres avec les nomades.
Vous retrouverez d’abord le récit de notre trek au Kirghizistan, raconté jour après jour comme un carnet de voyage, puis toutes les informations pratiques pour préparer cette aventure : organisation, niveau, budget et avis sur l’agence locale Kirghiz’Asia.
Dans cet article :
ToggleInfos pratiques pour un Trek de 5 jours au Kirghizistan
⏳ Durée : 5 jours hors du temps, à marcher au rythme des montagnes
🥾 Niveau : intermédiaire (ça grimpe, mais ça vaut chaque pas)
📅 Période idéale : de juin à septembre
⛺Type de trek : itinérant, nuits sous tente et parfois en yourte
🙌 Ce qu’on traverse : steppes infinies, vallées sauvages, lacs d’altitude
💸 Budget : à partir de 540€ par personne.
➡️ Organisation avec une agence locale (nous avons choisi Kirghiz’Asia)
Début du trek au Kirghizistan
Ce premier jour de trek au Kirghizistan marque le début de l’aventure, au cœur des montagnes kirghizes. Les repères s’effacent peu à peu, remplacés par l’immensité des paysages et ce sentiment étrange de basculer dans un autre rythme.
✍️ « J’écris ces lignes depuis notre tente, quelque part au beau milieu des steppes kirghizes. J’ai encore du mal à réaliser que nous sommes ici. Reprenons depuis le début… »
Nous avons atterri ce matin de juillet à l’aéroport de Bishkek, la capitale du Kirghizistan. Un chauffeur nous attend pour nous conduire jusqu’à la guest house de Kirghiz’Asia, l’agence locale avec laquelle nous avons choisi d’organiser ce trek au Kirghizistan. Après une douche et une petite sieste, nous prenons la route avec notre guide, Alina, direction la vallée de Suusamyr pour débuter la marche.
Nous traversons Bishkek. Le dépaysement est immédiat. Partout, des bâtisses de bric et de broc, des enseignes en alphabet cyrillique. Ici, on parle principalement russe et kirghize. Sur le bord des routes, des chèvres, des vaches, des chevaux. Nos regards s’attardent sur des visages inconnus, des petites échoppes, des vendeurs de pastèques abrités sous des parasols poussiéreux. Des camions soviétiques transportent du bétail, des enfants courent dans les rues.
Cinq heures de route nous attendent. Je m’endors, épuisée par les vols, bercée par le mouvement de la voiture.
À mon réveil, le paysage a changé. D’immenses montagnes enneigées surplombent des collines et des steppes verdoyantes qui s’étendent à perte de vue. Des yourtes et de petites roulottes héritées de l’époque soviétique ponctuent l’horizon. J’ai l’impression d’être projetée dans un documentaire GÉO…
Nous quittons finalement la route pour nous engager sur une piste qui serpente à travers la steppe. C’est ici que notre trek au Kirghizistan commence réellement.
Au coeur des steppes Kirghizes
Pendant que nous installons notre campement, un cavalier s’approche, accompagné de deux chevaux. Il s’appelle Kolich. Ce sera notre deuxième guide. Il s’occupe des chevaux de bât qui porteront une partie de nos affaires pendant la randonnée. D’un simple geste, il m’invite à monter à cheval. Nous ne parlons pas la même langue, mais les regards et les sourires suffisent. Quelques instants plus tard, je me retrouve à cheval, au cœur des steppes kirghizes. Mon cœur bat un peu plus fort.
Le soir, nous partageons le repas avec Alina et Kolich, avant de nous endormir avec des étoiles plein les yeux.
Le lendemain matin, nous levons le camp après le petit déjeuner. Nous marchons avec Alina, tandis que Kolich ouvre la voie à cheval.
À chaque pas, j’essaie de graver dans ma mémoire les paysages qui nous entourent. Des plaines immenses et fleuries, des montagnes à perte de vue, des yourtes. Nous traversons une première rivière à cheval avant de nous arrêter pour un pique-nique simple, au milieu de nulle part.
En reprenant la marche, nous croisons des enfants qui jouent dans la steppe. Ils s’arrêtent un instant pour nous saluer.
Je me surprends à imaginer leur quotidien ici, au Kirghizistan, entre plaines infinies, yourtes et troupeaux de chevaux.
En début d’après-midi, Alina nous annonce que nous allons installer le camp plus tôt que prévu. Nous ne pouvons pas dormir au pied du col de Jaïsan, où la nuit serait trop froide.
Après avoir monté les tentes, chacun trouve son rythme. Sieste, lecture, toilette dans l’eau glacée de la rivière… L’après-midi s’étire doucement, portée par le vent et l’air frais des montagnes. Le soir, nous dînons tous ensemble. Alina traduit nos échanges avec Kolich. Nous parlons de nos vies, de nos habitudes. Après un dernier regard vers les montagnes environnantes, nous rejoignons la tente. Une longue journée nous attend demain.
Traversée des steppes et immersion dans la vie nomade
Ce deuxième temps de notre trek au Kirghizistan nous emmène en altitude, jusqu’au col de Jaïsan, à 3500 mètres. Les paysages deviennent plus bruts, plus exigeants, et l’aventure prend une toute autre dimension.
Après le petit déjeuner, nous nous mettons en route. Nous nous frayons un chemin à travers une végétation dense. Par endroits, les herbes nous arrivent jusqu’aux hanches. Nous grimpons progressivement, laissant la vallée derrière nous. À plusieurs reprises, nous traversons la rivière à cheval. Nous atteignons deux lacs glaciaires, d’un bleu cristallin presque irréel. Autour de nous, des troupeaux de chevaux profitent du soleil, tandis que des poulains nous observent avec curiosité.
Nous voilà au pied du col, la neige est omniprésente. Par moments, nous nous y enfonçons presque jusqu’à la taille! L’effort est intense. Chaque pas demande de l’énergie. Kolich encourage les chevaux, nous avançons lentement, concentrés. Une fois au sommet, à 3600 mètres d’altitude, l’air frais emplit nos poumons. Nous sommes ivres de joie ! Les montagnes s’étendent à perte de vue. Il n’y a plus rien. Juste nous, et cette immensité.
Puis nous entamons la descente vers la vallée de Ters.
Fragments de vie dans un village de nomades au Kirghizistan
En fin d’après-midi, nous atteignons un village de nomades, des enfants jouent dans les collines et nous saluent. Des yourtes sont installées de part et d’autre de la rivière. Des cavaliers avancent près d’un troupeau de vaches, tandis qu’un tas de peaux de moutons brûle, diffusant une odeur âcre dans l’air.
Ce soir, nous dormons ici, dans une yourte. Au Kirghizistan, les yourtes sont installées au printemps et en été, lorsque les éleveurs conduisent leurs troupeaux vers les pâturages d’altitude. Ils sont semi-nomades. (D’ailleurs, la yourte figure sur le drapeau kirghize.)
L’orage gronde au loin… Une pluie soudaine et intense s’abat sur nous. Nous nous réfugions dans la yourte, dans une atmosphère douce et feutrée. Puis, comme souvent en montagne, le ciel s’éclaircit.
Nous partons nous promener aux alentours. Des femmes et des enfants nous interpellent. Très vite, quelques regards deviennent des rires, puis une séance improvisée de photos polaroïds. Chacun veut son portrait. Des instants simples, sincères, qui dépassent la barrière de la langue.
En fin de journée, nous revenons vers la yourte. Kolich et d’autres hommes ferrent des chevaux. À côté d’eux, un tout petit enfant les imite, tapant sur une pierre avec un marteau. Il se blesse, éclate en sanglots. Son père et son grand-père accourent immédiatement pour le consoler avec une grande douceur.
Un peu plus loin, une femme trait les juments. On nous propose de goûter le kumiss, du lait de jument fermenté.
Une boisson traditionnelle kirghize, symbole d’hospitalité. Le goût est surprenant… mais moins que je ne l’imaginais 😉.
La soirée se termine dans la yourte. Nous nous endormons bercés par les bruits de la rivière, des animaux, et des éclats de voix au loin.
Fin du trek au Kirghizistan : retour vers la vallée
Cette dernière partie de notre trek au Kirghizistan marque le retour progressif vers la vallée. Les paysages changent, les corps fatiguent, mais l’intensité des derniers jours laisse une empreinte durable.
Petit déjeuner dans la yourte.
Nous observons les habitants du village s’affairer avant de nous préparer pour la marche. Le soleil est déjà haut, la chaleur s’installe. Nous nous mettons en route, la tête encore pleine des images de la veille. J’aurais aimé rester plus longtemps ici, observer la vie des nomades, comprendre davantage leur quotidien… Nous n’en avons aperçu qu’un fragment, mais c’était déjà profondément marquant.
Le début de cette journée de trek au Kirghizistan est exigeant. À cause de la neige, nous devons contourner l’itinéraire initial pour passer par le col de Boru-Korboz. Nous progressons sur des pierriers, puis sur une pente glissante.
Le ciel s’assombrit, devient lourd, presque oppressant. Nous reprenons l’ascension. La pluie arrive. Puis le vent. Puis la grêle.
L’ascension se fait dans des conditions difficiles. À quelques mètres du col, un dernier effort : une pente de neige, glissante, instable.
Nous avançons lentement. Puis, enfin, le col. La descente vers la vallée de Kichi-Japirtmakty commence. Nous marchons plusieurs heures avant de nous arrêter pour la nuit.Le campement est installé. Nous sommes éreintés. Les pieds trempés, les jambes lourdes.
Une toilette dans la rivière glacée devient presque un luxe. Le soir, une seule envie : manger, boire un thé chaud, et se réfugier dans le duvet. Dehors, le vent et la pluie secouent la tente.
Au réveil, malgré la fatigue de la veille, nous sommes prêts à repartir. Nous marchons pendant deux heures sur des sentiers de montagne. Pour une fois, le chemin est tracé. C’est presque reposant. Puis Kolich nous fait signe de quitter le sentier…La pente est abrupte, presque verticale. Chaque pas est un effort. À plusieurs reprises, j’ai envie de m’arrêter. La fatigue s’accumule, les émotions aussi.
Après une longue traversée à flanc de montagne, nous arrivons au col de Jylan-Bazar.
Là-haut, nous partageons notre repas avec un berger. Grâce à Alina, nous échangeons quelques mots. Autour de nous, ses chiens veillent sur le troupeau, tandis que des chiots curieux s’approchent. La vue sur la vallée de Ketmen-Tobo est immense. Un moment simple, suspendu.
Nous redescendons ensuite dans la vallée. Encore quelques heures de marche, jusqu’à atteindre notre dernier campement.
Nous installons la tente à proximité d’un village.
Des enfants jouent à quelques mètres de nous, comme une continuité naturelle de ces derniers jours.
Réveil vers 6h : c’est notre dernier jour de trek au Kirghizistan. Nous prenons la direction de Toktogoul. Les paysages ont changé et les montagnes laissent place à des collines fertiles et fleuries. Des papillons virevoltent au-dessus des prairies. Nous apercevons des ruches.
Après quelques heures, un 4×4 nous rejoint. Un guide de l’agence nous récupère. Nous montons à bord, tandis que Kolich poursuit à cheval.
Ça y est, nous arrivons à Toktogoul. La guest house s’organise autour d’une cour ombragée. Une douche, simple mais précieuse, marque la fin de ces cinq jours de trek dans les montagnes kirghizes. Je réalise à peine que l’aventure est terminée.
Le soir, nous aidons à préparer un plat traditionnel dans une cuisine extérieure. Une grande marmite, des gestes simples, une ambiance chaleureuse. Alina repart pour Bishkek. Nous la remercions pour ces quelques jours précieux. Kolich, lui, est toujours en mouvement. Nous le recroisons brièvement avant de lui dire au revoir.
Comment préparer un trek au Kirghizistan ?
À propos de l’agence Kirghiz’Asia
Lors de la préparation de notre trek au Kirghizistan, nous avons pris le temps de comparer plusieurs agences locales. Notre choix s’est finalement porté sur Kirghiz’Asia.
Leur approche nous a tout de suite parlé. Il s’agit d’une agence locale qui met en avant une découverte authentique du Kirghizistan, avec une attention particulière portée au respect de l’environnement, à l’échange avec les populations locales et à une répartition plus équitable des bénéfices du tourisme.
Au-delà de ces engagements, nous avons aussi beaucoup apprécié les échanges en amont du voyage. Nous avons pu discuter longuement par mail avec l’équipe, qui s’est montrée disponible, à l’écoute et attentive à nos questions.
L’organisation était fluide, les conditions de marche bien gérées, et surtout, la présence des guides a apporté une vraie dimension humaine à l’expérience. Ils nous ont permis de mieux comprendre la culture kirghize et de créer du lien avec les habitants rencontrés en chemin.
Organisation du trek au Kirghizistan: niveau et déroulé
Ce trek au Kirghizistan s’est déroulé sur 5 jours, avec un rythme de marche soutenu mais accessible. Nous marchions en moyenne entre 5 et 6 heures par jour, parfois un peu plus sur les journées les plus intenses. Le dénivelé positif variait généralement entre 600 et 800 mètres, avec des descentes pouvant atteindre 1200 mètres de dénivelé négatif.
Il n’est pas nécessaire d’être un grand randonneur, mais une bonne condition physique reste indispensable pour profiter pleinement de l’expérience.
Budget pour un trek de 5 jours au Kirghizistan
Le budget pour ce trek de 5 jours au Kirghizistan était d’environ 540 € par personne (voyage réalisé en 2019).
Ce tarif comprend l’ensemble de l’organisation :
- l’accueil à l’aéroport de Bishkek et le transfert jusqu’à la vallée de Suusamyr
- l’équipement de trekking (tentes, matériel de cuisine, etc.)
- les repas pendant le trek
- l’hébergement en guest house à Toktogoul à la fin du séjour
- l’accompagnement par deux guides (dont un francophone)
- les chevaux de bât pour transporter une partie des affaires
À noter : les duvets ne sont pas fournis. De notre côté, des duvets confort 0° / -5° ont été suffisants pour ce trek, nous sommes partis en juillet.
Ce trek au Kirghizistan restera une expérience marquante, autant pour les paysages que pour les rencontres faites en chemin.

































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